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Les clés de fondation d’un vrai État sioniste – Joseph Staline et les Juifs

JOSEPH STALINE ET LES JUIFS

Un enjeu central dans la lutte mondiale des classes

QU’EST-CE QUE LE SIONISME ?

Les clés de fondation d’un vrai État sioniste

Que le sionisme à la manière de Theodor Herzl et de son ouvrage de 1896, L’État des Juifs, soit un impérialisme à ranger dans le cadre britannique ne semble pas faire de doute pour l’auteur lui-même. Si l’État juif provisoire – la Society of Jews –, sera formé, dès l’abord, d’éminents Juifs britanniques, la société par actions porteuse du capital à investir en Palestine sera, selon lui toujours, dans la même tonalité :
« La Company aura son siège à Londres, parce qu’elle doit se placer sous l’angle du droit privé, sous la protection d’une grande puissance qui n’est actuellement pas antisémite. » (page 62)

Or, si le soleil ne se couche jamais sur l’Empire britannique planétaire, il n’y a aucune raison, pour l’État des Juifs alors en gestation, de ne pas nourrir, lui aussi, d’assez vastes ambitions, pourvu que la Grande-Bretagne remplisse à plein le rôle qu’il veut bien lui confier :
« Mais si elle est appuyée officiellement et officieusement, la Company paiera partout des taxes importantes. Partout elle créera des filiales et des bureaux imposables. » (page 62)

Mais d’où viendra la première mise de fonds ? Ou l’essentiel de cette première mise de fonds ? Aucun doute pour Theodor Herzl :
« La voie la plus facile, la plus rapide et la plus sûre serait la création par la haute finance ? » (page 68)

Toutefois Theodor Herzl tient à dire que personne ne sera, a priori, exclu du jeu :
« Les trois formes de mobilisation du capital sont : 1°) la haute finance ; 2°) la moyenne finance ; 3°) une souscription populaire. » (page 68)

Si la première option est la meilleure, il se pourrait aussi qu’elle fasse défaut. Sait-on jamais ? Theodor Herzl ne sera-t-il pas pris en défaut ? Non :
« Nous essaierons alors de rassembler le capital social nécessaire par une deuxième voie, c’est-à-dire que nous aurons recours aux Juifs moyennement riches. » (page 70)

Voilà, pourtant, qui ne plairait guère à notre fin stratège :
« Je n’aime pas cette idée : je ne l’évoque que parce qu’elle s’inscrit dans le développement logique de mon raisonnement. » (page 70)

C’est que Theodor Herzl est porteur d’un projet global, d’un projet « capitaliste » global. A priori, impossible d’y faire une place pour des intérêts qui ne seraient que le fait d’une couche moyenne indivi-dualiste :
« Il n’est pas exclu que peu à peu le but original de l’ensemble n’en vienne à être oublié. Les Juifs de fortune moyenne auraient ainsi trouvé une nouvelle et grande affaire, tandis que l’émigration juive s’enliserait. » (page 70)

Nous allons bientôt le comprendre : il s’agit véritablement, pour Theodor Herzl, de produire de la valeur économique et non pas simplement de se répartir ce qui n’est censé revenir qu’à des intermédiaires… Ce que sont les classes moyennes, intrinsèquement.

Il veut obtenir une mise en œuvre, de grande ampleur et de longue durée, du rapport capital/travail. Aussi n’hésite-t-il pas, pour boucler la boucle, à évoquer cette troisième solution qui serait le financement de la mobilisation du travail par les plus pauvres eux-mêmes, à condition toutefois qu’ils reçoivent un vigoureux coup de pouce des antisémites les plus conséquents.

Voilà ce que cela donne, dans le langage de Theodor Herzl :
« Le capital social de la Company peut être rassemblé sans l’appui de la haute ou de la moyenne banque, par appel à la souscription populaire directe. Non seulement les petits Juifs souscriront à cet emprunt divisé en toutes petites parts, mais aussi les chrétiens désireux de se débarrasser des Juifs. » (page 70)

Tous comptes faits, les deux dernières solutions sont boiteuses… Il faudra donc s’organiser pour donner à la première les meilleures chances en « intéressant » les « riches », ce qui est la moindre des choses :
« D’ailleurs, la haute finance n’est nullement invitée à fournir une somme aussi considérable par pure philanthropie. » (page 69)

C’est que si – comme à son habitude – le capital « offre » du travail, il n’est jamais trop malvenu de lui offrir un « retour » sur investissement. Et c’est là aussi la moindre des choses :
« Les fondateurs et les actionnaires de la Jewish Company feront une bonne affaire et ils pourront, à l’avance, en faire évaluer les chances de réussite. » (page 69)

Ce sera l’un des rôles de l’État des Juifs provisoire, c’est-à-dire de la chère Society of Jews. Elle saura dire aux « investisseurs » ce qu’il leur faut impérativement entendre pour pouvoir jouer, au sein du conseil d’administration de la Jewish Company, le rôle qui est le leur et qui fédérera l’ensemble du système de production de plus-value à installer très progressivement sur le sol (nu ?) de la belle Palestine.

Theodor Herzl l’annonce :
« En particulier, la Society of Jews aura procédé à une étude de l’ampleur du mouvement juif et elle pourra donc faire connaître aux fondateurs de la Company la participation sur laquelle celle-ci pourra compter. » (page 69)
…participation du travail à la grande cause du capital.

Nous n’allons pas tarder à voir cela…

Mais participation aussi de l’ensemble de la diaspora juive et de quiconque pourra prendre sa part, en bien ou en mal, à l’œuvre commune, et organiser l’accueil ou le reflux, ici ou là, des circuits humains, économiques et financiers intéressés à la prospérité du nouvel État :
«  La Society of Jews recueillera toutes les déclarations des hommes d’État, des parlements, des communautés juives, des associations qui se seront exprimés oralement ou par écrit, dans des réunions publiques, des journaux ou des livres. » (pages 88-89)

Un vrai État, quoi ! Avec une vraie économie capitaliste.

Michel J. Cuny

Source: Les clés de fondation d’un vrai État sioniste – Joseph Staline et les Juifs

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