Uncategorized

Furieux de leur défaite en Syrie, les pays de l’OTAN expulsent des dizaines de diplomates russes | Olivier Demeulenaere – Regards sur l’économie

Furieux de leur défaite en Syrie, les pays de l’OTAN expulsent des dizaines de diplomates russes

Pays de l’OTAN, c’est-à-dire de l’Empire… dont les structures profondes ont eu raison des velléités de paix de Trump aux Etats-Unis. Les nominations de Mike Pompeo à la tête du Département d’Etat puis de John Bolton comme conseiller à la sécurité nationale du président en attestent… On resserre les rangs et on durcit le ton. Est-ce le retour de la guerre froide et du monde bipolaire ou, plus grave, le prélude à de vastes opérations militaires, en particulier  au Moyen-Orient ? Il suffira peut-être d’une étincelle…  OD

Les États-Unis ont annoncé lundi «la plus importante expulsion de Russes»de l’Histoire, dans des représailles coordonnées inédites avec les autres pays occidentaux en réponse à l’empoisonnement au produit innervant d’un ex-agent russe au Royaume-Uni, qui replongent le monde au temps de la guerre froide.

Alors qu’en tout, 107 diplomates russes ont été expulsés par les États-Unis, 14 pays de l’Union européenne, mais aussi l’Ukraine et le Canada, Moscou a immédiatement dénoncé un «geste provocateur» qui «témoigne de la poursuite d’une ligne de confrontation visant à aggraver la situation» et promis de riposter à son tour, au risque de relancer la guerre des sanctions avec les Américains et leurs alliés.

«Nous l’avons déjà dit et nous le répétons: la Russie n’a jamais eu et n’a rien à voir avec cette affaire», a déclaré le Kremlin.

Avec l’expulsion de 60 «espions» russes, Washington mène, et de loin, le mouvement, dans sa manifestation de «solidarité» la plus marquée avec Londres depuis l’empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia, et ce malgré les réticences persistantes de Donald Trump à critiquer frontalement son homologue russe Vladimir Poutine.

Un haut responsable américain a annoncé que 48 «agents de renseignements connus»dans diverses missions aux États-Unis et 12 de plus à la mission russe de l’ONU avaient sept jours pour quitter le pays.

«Les États-Unis sont prêts à coopérer pour bâtir une meilleure relation avec la Russie, mais cela ne peut que se produire si le gouvernement russe change d’attitude», a commenté la porte-parole de la Maison-Blanche.

Côté européen, «des mesures supplémentaires, incluant de nouvelles expulsions, ne sont pas exclues» après cette opération «concertée», a prévenu le président du Conseil européen Donald Tusk.

La France, l’Allemagne et la Pologne ont ainsi demandé chacune à quatre diplomates russes de partir, suivies par de nombreux pays comme la République tchèque, les pays baltes, l’Italie ou encore les Pays-Bas. L’Ukraine, où un conflit armé avec des séparatistes prorusses est en cours depuis 2014, en a chassé 13, et le Canada, membre de l’OTAN, en a déclaré quatre autres persona non grata.

«Arme chimique»

«Pour la première fois depuis la Deuxième Guerre mondiale, une arme chimique a été employée en Europe», a souligné le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas, «une telle attaque ne peut rester sans conséquence».

Le Royaume-Uni, qui avait déjà expulsé 23 diplomates russes et annoncé le gel des relations bilatérales, a salué la «réponse extraordinaire» de ses alliés. Cela «constitue le plus grand mouvement d’expulsion d’agents russes de l’histoire, et permet de défendre notre sécurité partagée», s’est réjoui le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson.

L’empoisonnement de l’ex-agent double russe le 4 mars à Salisbury a provoqué une grave crise diplomatique entre Moscou et Londres, qui l’attribue aux autorités russes. Les dirigeants de l’UE sont tombés d’accord en fin de semaine dernière «pour considérer, avec le gouvernement britannique, que la Russie est très probablement derrière l’attaque de Salisbury et qu’il n’y a pas d’autre explication possible».

Le président américain s’était lui montré moins catégorique. Son appel à Vladimir Poutine pour le féliciter de sa réélection, la semaine dernière, a même été critiqué aux États-Unis, car Donald Trump avait préféré éviter le sujet délicat de l’empoisonnement de Salisbury, préférant évoquer l’organisation d’une rencontre pour tenter de désamorcer des tensions sans précédent depuis la Guerre froide, notamment autour de l’Ukraine et du conflit syrien.

«Bien s’entendre avec la Russie (et d’autres) est une bonne chose, pas une mauvaise chose», avait dû se justifier le milliardaire républicain, dont la promesse de rapprochement avec Moscou s’est heurtée depuis son arrivée à la Maison-Blanche début 2017 à l’enquête sur des accusations d’ingérence russe dans son élection et sur des soupçons de collusion entre son équipe de campagne et le Kremlin. «Ils peuvent nous aider à résoudre des problèmes avec la Corée du Nord, la Syrie, l’Ukraine, le groupe État islamique, l’Iran, et même la course aux armements à venir», avait-il estimé.

«Solidarité indéfectible»

Mais les élus du Congrès des deux bords, qui ne cessent de faire pression pour que l’administration durcisse le ton, semblent avoir eu raison de ses réticences.

«Nous prenons ces mesures pour démontrer notre solidarité indéfectible avec le Royaume-Uni, et pour imposer à la Russie de sérieuses conséquences pour ses violations continuelles des normes internationales», a expliqué le département d’État, qui a également ordonné la fermeture du consulat russe à Seattle, sur la côte ouest des États-Unis, en raison de la proximité d’une base de sous-marins et d’une grande partie des installations industrielles de Boeing.

«Les États-Unis en appellent à la Russie pour qu’elle assume la responsabilité de ses actes et fasse la démonstration qu’elle est capable d’être à la hauteur de ses engagements et responsabilités internationaux en tant que membre du Conseil de sécurité des Nations unies pour maintenir la paix et la sécurité», a-t-il ajouté.

L’administration démocrate de Barack Obama avait expulsé 35 agents russes en décembre 2016 pour punir Moscou de son ingérence dans la présidentielle américaine, juste avant l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche. Dans un premier temps, Vladimir Poutine avait choisi de ne pas riposter, laissant sa chance au nouveau président américain, mais devant l’absence d’embellie dans les relations, la guerre des sanctions avait été relancée à l’été.

Quatre diplomates expulsés du Canada

Le Canada a décidé lundi d’expulser quatre diplomates russes à la suite de l’empoisonnement en Grande-Bretagne de l’ex-espion russe Sergueï Skripal, a annoncé Chrystia Freeland, ministre des Affaires étrangères.

Le gouvernement canadien a par ailleurs rejeté trois demandes de personnel diplomatique supplémentaires présentées par le gouvernement russe, a dit Mme Freeland dans un communiqué.

«Le Canada prend ces mesures par solidarité avec le Royaume-Uni», a-t-elle assuré.

L’empoisonnement de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia, le 4 mars à Salisbury en Grande-Bretagne, a provoqué une grave crise diplomatique entre Moscou et Londres.

Les diplomates expulsés travaillaient à l’ambassade de Russie à Ottawa et au consulat général de Montréal.

«Il a été établi que ces quatre personnes sont des agents du renseignement ou des personnes qui ont utilisé leur statut diplomatique pour compromettre la sécurité du Canada ou s’immiscer dans sa démocratie», a affirmé Mme Freeland.

«L’attentat à l’agent neurotoxique perpétré récemment représente une menace évidente pour l’ordre international fondé sur des règles et pour les règles établies par la communauté internationale afin d’assurer que les armes chimiques ne détruisent plus jamais de vies humaines», a déclaré Chrystia Freeland.

«Cet épisode fait partie des nombreux comportements inacceptables de la part de la Russie, parmi lesquels sa complicité avec le régime Assad, son annexion de la Crimée, les combats dirigés par la Russie dans l’est de l’Ukraine, le soutien aux troubles civils en Ukraine, en Géorgie, en Moldavie et dans d’autres pays voisins, son ingérence dans les élections et ses campagnes de désinformation», a énuméré la ministre des Affaires étrangères.

«Le Canada appuie avec ferveur les mesures que le Royaume-Uni a prises jusqu’à maintenant et demeure résolu à agir de concert avec ses alliés». Ces mesures contre des diplomates russes «ne visent pas le peuple russe», a-t-elle conclu.

Francesco FontemaggiLAPRESSE.ca/AFP, le 26 mars 2018

Lire aussi :

Expulsion de diplomates russes : Moscou dénonce une « provocation »

Rappels :

La guerre au Levant est officiellement une guerre mondiale

Opération Beluga : un complot anglo-américain pour discréditer Poutine et déstabiliser la Russie

Source: Furieux de leur défaite en Syrie, les pays de l’OTAN expulsent des dizaines de diplomates russes | Olivier Demeulenaere – Regards sur l’économie

1 thought on “Furieux de leur défaite en Syrie, les pays de l’OTAN expulsent des dizaines de diplomates russes | Olivier Demeulenaere – Regards sur l’économie”

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s